Dernières nouvelles d’Alsace le 16 mai 2015 : Une nouvelle école pour les banlieues

Une nouvelle école pour les banlieues

Dans leur livre d’entretiens Espérance banlieues , le journaliste Harry Roselmack et le chef d’entreprise Eric Mestrallet abordent le thème de l’enseignement dans les quartiers sensibles.

Eric Mestrallet tisse un bilan sans concession, peut-être aussi sans nuances, de la situation dans les écoles publiques. Il les juge « structurellement inadaptées à la prise en compte des différences », d’où « un échec massif » qui a un coût élevé pour la communauté.

À l’opposé, il dresse un portrait avantageux de l’école pilote Alexandre-Dumas que sa fondation Espérance banlieues a fondée, hors contrat, à Montfermeil. Recrutant professeurs et élèves, souvent en échec, sur la base d’un contrat librement accepté, le directeur a construit un établissement, école primaire et collège, proche de l’esprit de Maria Montessori et d’allure très britannique, avec port de l’uniforme et cérémonie du lever du drapeau.

Un côté Jules Ferry

Des équipes d’élèves d’âge différent s’entraident, les enseignants sont présents toute la journée, mangent avec les élèves, les aident individuellement… L’idée est de créer un sentiment d’appartenance entre tous ceux qui travaillent à l’école, mais aussi avec les parents en contact fréquent avec les enseignants.

Eric Mestrallet ne nie pas le retour à d’anciens procédés, avec un côté Jules Ferry. Chaque jour le directeur félicite, devant tout le monde, les élèves méritants. Les programmes mettent l’accent sur l’acquisition des fondamentaux, français, mathématiques et histoire, aux horaires renforcés aux dépens des langues vivantes et des sciences de la vie et de la terre.

Eric Mestrallet pose de vraies questions. L’Éducation nationale n’est-elle pas trop rigide, uniforme ? Ne conviendrait-il pas d’associer plus étroitement les parents ? Cependant ses propositions soulèvent des questions. À quel moment les professeurs, mobilisés à plein-temps, peuvent-ils actualiser leurs cours, corriger les copies ? Ces élèves qui n’ont pas bénéficié d’un enseignement complet réussiront-ils à s’intégrer dans un lycée classique ?

Les auteurs plaident pour une privatisation totale des établissements d’enseignement. Mais serait-il profitable de remplacer un système qui garantit malgré tout une certaine cohésion nationale par ce qui deviendrait vite une anarchie de modèles pédagogiques ou idéologiques différents, voire opposés?

Source : Article texte Dernières nouvelles d’Alsace du 16 mai 2016 par Jean-François Clerc

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