France Bleu du 21 février 2016 : Une école pas comme les autres doit ouvrir en septembre à Saint-Étienne

Le cours Jean de La Fontaine doit ouvrir à la rentrée prochaine à Saint-Étienne, projet d’école privée initié par une mère de famille avec Espérance Banlieues. Cette fondation a déjà monté quatre écoles hors-contrat en France au sein de quartiers défavorisés.

C’est une école où tout le monde mange ensemble à midi car les enseignants sont là de 8 à 18 heures. Une école où l’élève le plus méritant est chargé de la levée des drapeaux, français et européen tandis que toute la cour entonne l’hymne national. Une école où les grands et les petits forment des équipes pour ranger et nettoyer à tour de rôle les locaux. Les garçons portent un sweat à capuche vert. Pour les filles, c’est bordeaux. Tous partent en randonnée une fois par semaine… Une école comme il en existe quatre aujourd’hui en France.
Tout a commencé en Seine-Saint-Denis à Montfermeil, en septembre 2013. Depuis la fondation Espérance Banlieues a ouvert un établissement dans les quartiers nord de Marseille, un autre à Roubaix, sans oublier la région parisienne avec Asnières-sur-Seine. Ce sont des écoles privées hors-contrat : elles ne reçoivent pas d’argent de l’État mais sont contrôlées par les services de l’Éducation nationale.

À Saint-Étienne, le lancement est prévu pour la rentrée 2016-2017, sous l’impulsion d’une Stéphanoise, Marie-Françoise Durand, mère de cinq enfants qui se présente comme “passionnée d’éducation”. Elle a entendu parler de la fondation au lendemain des attentats de janvier 2015 et surtout de la mission que cette association s’est fixée : “favoriser l’accès de tous les enfants de banlieue à une instruction de qualité et leur transmettre la connaissance et l’amour de la culture française”.

Le directeur déjà recruté : un ancien militaire

Marie-Françoise Durand ne sait encore pas précisément où l’école stéphanoise sera implantée mais elle a une préférence pour Montreynaud, quartier qualifié de sensible et en tout cas très peuplé. Elle n’exclut pas de chercher des locaux dans d’autres secteurs de Saint-Étienne, comme la Métare ou la Cotonne.

En tout cas, le projet ligérien semble bien avancé. L’école a déjà un nom, le cours Jean de La Fontaine et un directeur : un ancien militaire. Luc de Saint-Sernin fut officier de marine pendant plus de 30 ans, il fait actuellement du soutien scolaire bénévole à Toulon.

Il raconte avoir déjà rencontré trois futurs enseignants : une ancienne directrice d’école à la retraite, une professeure agrégée de lettres et une femme qui a enseigné au Gabon auparavant. Tous doivent suivre des stages dans la première école de la fondation, le cours Alexandre Dumas, à Montfermeil en Seine-Saint-Denis, devenue école pilote. “C’est la matrice”, explique le président d’Espérance Banlieue, Eric Mestrallet. La pédagogie est notamment inspirée du scoutisme et de Montessori : “nous sommes pragmatiques, nous reprenons tout ce qui marche”, commente le président.

De la grande section à la 5e

La porteuse du projet de Saint-Étienne assure avoir déjà réuni le tiers du budget annuel de la future école uniquement par des dons locaux (déductibles des impôts). Les parents complèteront en versant 75 euros par mois et par enfant, de quoi apporter 20% de la trésorerie nécessaire, estimée au total à 210 000 euros.

Les inscriptions devraient commencer en avril sans sélection particulière mais dans un maximum dix-quinze élèves par classe, de la grande section à la cinquième. Des réunions d’information auront lieu une fois les locaux trouvés.

Au total d’ici 2018, dix-sept ouvertures sont en projet. Il arrive que les élus locaux sollicitent la fondation comme à Pierre-Bénite près de Lyon, dont le lancement est aussi programmé pour septembre 2016. Aujourd’hui, 220 enfants sont scolarisés par Espérance banlieues.

Carte des écoles

Source : Article texte France Bleu du 22 février 2016 par Émeline Rochedy

 

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