Uniforme, lever des couleurs, Marseillaise… une école Espérance Banlieues en projet à Toulouse

Le très médiatique réseau d’écoles indépendantes Espérance Banlieues prévoit une implantation à Toulouse pour la rentrée 2017. La Reynerie ou Empalot sont notamment envisagés.

Alors que la reconstruction du collège Badiou est prévue en dehors du quartier de la Reynerie pour, dit-on, « améliorer la mixité sociale», un autre projet va à rebours.

Celui du réseau d’écoles indépendantes Espérance Banlieues, déjà présent à Marseille, Roubaix ou Montfermeil (Seine-Saint-Denis), qui prévoit en effet l’implantation d’une école dans un quartier justement populaire de Toulouse. Et ce, dès la rentrée 2017 avec l’ouverture de deux classes de primaire. Le nom de l’école est déjà connu, elle sera baptisée « Les constellations ». Tout un symbole ! Les quartiers du Mirail ou d’Empalot sont notamment envisagés pour son lieu d’implantation.

Nous sommes en lien avec la mairie afin de trouver rapidement des locaux adaptés pour accueillir une école Espérance Banlieues en septembre, indique à Côté Toulouse Jean-Louis Bounie, président de l’association dans la Ville rose. Le maire Jean-Luc Moudenc soutient notre projet. Notre vocation est d’être au plus près des familles, leur implication étant fondamentale dans la réussite du projet.

Des soutiens médiatiques, tels que Jamel Debbouze ou Harry Roselmack

Huit écoles de ce type existent actuellement en France. Rançon du succès, de nouveaux projets se multiplient un peu partout dans l’Hexagone. Le réseau Espérance Banlieues, qui bénéficie du soutien affiché de personnalités médiatiques comme Jamel Debbouze ou Harry Roselmack, suscite la curiosité du fait de ses méthodes pédagogiques assez iconoclastes : lever des drapeaux et Marseillaise chaque matin, uniforme et insigne de l’école, vouvoiement entre élèves et enseignants (et réciproquement), corvées, non-mixité lors de certaines activités…

Actuellement, une quinzaine de dossiers sont en cours d’instruction, souligne Eric Mestrallet, président de la fondation Espérance Banlieues. Le projet toulousain est bien avancé.

« Répondre à une urgence éducative »

Par ailleurs chef d’entreprise, Eric Mestrallet est le fondateur, en 2012, de la première école Espérance Banlieues. « Notre objectif est de répondre à une urgence éducative dans les banlieues, explique-t-il. Lors d’entretiens d’embauche dans mon entreprise, je me suis rendu compte que ces jeunes n’avaient pas forcément les codes pour réussir… L’idée de lancer ce type d’école est d’offrir un cocon qui donne un avenir à ces enfants qui n’ont pas toujours une bonne image de notre société ». Ces établissements sont actuellement hors contrat et devraient le rester pour quelques années encore. « Il n’y a pas d’urgence à rejoindre les standards de l’école publique », précise encore Eric Mestrallet.

Le modèle propre aux écoles du réseau Espérance Banlieues pourrait donc très prochainement voir le jour à Toulouse. Une cinquantaine de personnes travaillent sur le sujet. « Il y a pas mal de petits ingrédients qui forment l’identité de cette école et en font sa réussite, souligne Arnaud Desbazeille, qui porte le projet dans la Ville rose. L’accent est mis sur les savoirs fondamentaux (Français, Histoire, Maths) afin d’apprendre dans de bonnes conditions ». Contrairement à l’Éducation nationale, les classes comptent une quinzaine d’élèves. À titre d’exemple, l’apprentissage du Français représente 15 heures de cours. L’après-midi est consacré à des jeux ou des activités sportives et culturelles. Un accompagnement personnalisé a lieu en fin de journée.

Nous travaillerons avec des enfants qui n’ont pas forcément l’occasion de pratiquer le Français chez eux, insiste Arnaud Desbazeille. L’accent est également mis sur l’Histoire de France afin que tous les enfants s’approprient la culture française sans pour autant renier leurs racines. Deux cultures associées doivent être une force !

75 euros par mois

Autre originalité de l’école, les enfants sont rapidement responsabilisés – un peu à l’image du scoutisme – et sont tenus de participer à la vie en collectivité, en particulier à travers le service. Plusieurs enseignants du public seraient déjà prêts à se mettre en disponibilité de l’Éducation nationale pour rejoindre le projet, « quitte à être moins bien payés », souligne Arnaud Desbazeille. Le financement… c’est là que le bât blesse. Si l’école est dédiée aux jeunes les plus défavorisés, son statut hors contrat oblige ses acteurs à redoubler d’effort pour financer l’école et payer l’ensemble du personnel éducatif.

En déboursant 75 euros par mois, au maximum, les parents représentent 15 % du financement. Le reste se partage entre les dons de particuliers (30 %), les dons d’entreprises (20 %) et les subventions de fondations et d’institutionnels (35 %).

Nous sommes déjà en lien avec des associations dans les quartiers qui pourraient d’ores et déjà nous envoyer des familles intéressées pour leur enfant, assure Hélène Gazeaud, vice-présidente de l’association à Toulouse. Même si cela implique un engagement financier. On le voit dans les écoles déjà lancées. Il suffit parfois de quelques semaines pour redonner le goût de l’école à des enfants déjà en décrochage scolaire.

Ces parents sont à la recherche « de solutions alternatives au système éducatif classique », renchérit Jean-Louis Bounie, président de l’association. Si les détracteurs de cette école dénoncent ses accointances avec les milieux catholiques, cette dernière se revendique non confessionnelle. Le président de l’association à Toulouse dit notamment « se refuser à tout prosélytisme » afin d’accueillir des enfants en grande majorité de confession musulmane. Le fondateur d’Espérance Banlieues complète : « On ne refuse pas d’aborder la religion à travers la littérature ou l’art mais nous le faisons avec les armes de l’école, à savoir la raison ».

Source : Article texte de Côté Toulouse du 01 février 2017 par Hugues-Olivier Dumez

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